Déclarer une succession en France : démarches, formulaires et justificatifs

Tout savoir sur la succession

07 novembre 2026

Déclarer une succession en France : démarches, formulaires et justificatifs

Tout savoir sur la succession

Une formalité fiscale à ne pas confondre avec le règlement civil

La déclaration de succession permet à l’administration fiscale de connaître le patrimoine transmis après un décès et de calculer, le cas échéant, les droits de succession. Elle est distincte du règlement civil de la succession : le notaire règle les questions de propriété, d’héritiers et de partage, tandis que la déclaration répond à une obligation fiscale.

La démarche est généralement effectuée auprès du service de l’enregistrement du domicile du défunt. Lorsque le défunt résidait à l’étranger, le service compétent dépend notamment de sa situation et de celle des héritiers. Les modalités peuvent être vérifiées sur le site officiel de l’impôt sur le revenu et des successions.

Qui doit déposer la déclaration de succession ?

En principe, ce sont les héritiers, légataires ou donataires désignés dans la succession qui doivent déposer la déclaration. Ils peuvent la signer et la déposer ensemble, ou séparément. En pratique, le notaire prépare très souvent les documents et accomplit les formalités, mais cette intervention ne supprime pas la responsabilité fiscale des personnes tenues au paiement.

La déclaration est notamment nécessaire lorsque la succession comprend un bien immobilier, lorsque des droits sont dus ou lorsque l’actif transmis dépasse les seuils prévus par la loi. Certains bénéficiaires peuvent toutefois être dispensés de dépôt :

  • le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS, lorsqu’aucune déclaration n’est nécessaire pour d’autres raisons ;
  • les héritiers en ligne directe lorsque l’actif brut successoral ne dépasse pas 50 000 euros et que certaines conditions sont remplies, notamment l’absence de donations antérieures non déclarées ;
  • les autres bénéficiaires lorsque l’actif brut successoral ne dépasse pas 3 000 euros.

Ces dispenses sont encadrées. La présence d’un bien immobilier, d’une donation antérieure, d’une assurance-vie ou d’une situation internationale peut rendre nécessaire l’avis d’un notaire.

Quels sont les formulaires à utiliser ?

Le formulaire principal est la déclaration de succession n° 2705-SD. Elle récapitule l’identité du défunt et des bénéficiaires, l’actif, le passif, les donations antérieures et le calcul des droits éventuels. Selon la composition du patrimoine, plusieurs exemplaires ou formulaires complémentaires peuvent être requis.

FormulaireUtilisation principale
2705-SDDéclaration générale de succession.
2705-A-SDDéclaration partielle concernant notamment certains capitaux d’assurance-vie versés après le décès.
2705-B-SDÉléments complémentaires liés à certaines assurances-vie, selon la situation du contrat et du bénéficiaire.

Les références et versions à jour doivent être contrôlées sur impots.gouv.fr. Une assurance-vie n’est pas automatiquement hors succession : selon l’âge de l’assuré lors des versements, les primes et le lien de parenté, une fiscalité spécifique peut s’appliquer.

Quels délais et où déposer le dossier ?

La déclaration doit en principe être déposée dans les six mois suivant le décès lorsque celui-ci est intervenu en France. Le délai est généralement porté à douze mois lorsque le décès est survenu à l’étranger. Un dépôt tardif peut entraîner des intérêts de retard et, dans certains cas, des majorations.

Le dossier est remis au service chargé de l’enregistrement du domicile du défunt. Les droits de succession sont normalement payés au moment du dépôt. Si la succession comporte principalement des biens difficiles à vendre, comme un immeuble, les héritiers peuvent étudier avec le notaire les dispositifs de paiement fractionné ou différé, sous conditions.

Les pièces justificatives à réunir

La liste exacte dépend du patrimoine et de la situation familiale. Pour préparer le dossier, il est utile de rassembler :

  • l’acte de décès et les documents d’état civil du défunt ;
  • le livret de famille, le contrat de mariage, la convention de PACS ou le jugement de divorce, le cas échéant ;
  • le testament, les donations antérieures et les contrats de mariage ou donations entre époux ;
  • les titres de propriété et une estimation des biens immobiliers au jour du décès ;
  • les relevés des comptes bancaires, livrets, placements, portefeuilles-titres et coffres ;
  • les contrats d’assurance-vie et les coordonnées des assureurs ;
  • les justificatifs des dettes existant au jour du décès : emprunts, impôts, factures et frais funéraires dans les limites applicables ;
  • les justificatifs des donations déjà consenties et des éventuelles réductions ou exonérations.

Les biens sont en principe évalués à leur valeur vénale au jour du décès. Pour un logement, une estimation documentée par plusieurs références de marché ou par un professionnel réduit le risque de contestation.

Les points qui justifient l’accompagnement d’un notaire

L’intervention notariale est particulièrement importante en présence d’un immeuble, d’un testament, d’une donation entre époux, d’une famille recomposée, d’une entreprise, d’une indivision ou d’un héritier vivant à l’étranger. Le notaire peut aussi vérifier les contrats d’assurance-vie, reconstituer les donations antérieures et sécuriser l’évaluation du passif.

Ne pas déposer de déclaration parce qu’aucun droit n’est finalement dû peut être une erreur : l’obligation déclarative et le montant de l’impôt sont deux questions différentes. Il est donc préférable de vérifier les seuils et les exonérations avant de conclure à une dispense.

FAQ sur la déclaration de succession

Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?

Non. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés de droits de succession. Cette exonération ne règle toutefois pas automatiquement les éventuelles obligations déclaratives de la succession.

Le notaire est-il obligatoire ?

Il est vivement recommandé dès qu’un bien immobilier, un testament, une donation entre époux ou une situation complexe est présent. La déclaration peut parfois être déposée sans notaire dans une succession simple, sous réserve de respecter les règles fiscales.

Que se passe-t-il si la déclaration est déposée après six mois ?

Le retard peut entraîner des intérêts et des majorations. Lorsque le délai risque de ne pas être respecté, il faut contacter rapidement le service de l’enregistrement et le notaire afin de limiter les conséquences.

Faut-il déclarer les dettes du défunt ?

Oui, les dettes existant au jour du décès peuvent réduire l’actif net taxable si elles sont certaines, justifiées et déductibles. Les justificatifs doivent être conservés avec le dossier.

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